Loin du bruit du monde

Hello 🌸 

Revenir dans le désert !

C’est le 6è groupe que j’encadre pour Voyages Intérieurs ; au Maroc les 5 premières fois et là, en Mauritanie.

Oh mon dieu quel régal, qu’est-ce que la Terre est belle, grandiose, magnifique ... Des paysages à couper le souffle, un champ de vision à 360 degrés. Marcher, avancer, fouler la terre, traverser les dunes, tout ce que j’aime.

 

En Mauritanie, c’est un peu plus sauvage. Nous partons en méharée càd. sans 4x4, uniquement accompagnés de dromadaires. On vit dehors. Pendant une semaine, je n’ai eu aucun mur autour de moi. Pas de séparation entre nous et la nature. Les nuits sont aussi intenses que les jours. On dort à "la belle étoile" (inutile de préciser qu'il n’y en a pas qu’une mais des milliers -) On suit le rythme du Soleil et de la Lune. Elle s’est d'ailleurs arrondi pendant le voyage jusqu’à être pleine et illuminer la nuit, un vrai spot dans le Ciel.

 

Et la journée, nous marchons en silence. Loin du bruit du monde ...

 

Lors des premiers voyages, j’écoutais encore de la musique car j’ai toujours aimé marcher avec de la musique, ça me porte, voire ça me transporte. Généralement de la musique calme, sans paroles ou des mantras indiens qui soutiennent mes méditations. Et quand je vais courir dans le parc derrière chez moi, de l'électro pour la motivation. Mais cela reste encore du son dans les oreilles. Pour cette expédition, j’ai voulu être totalement en silence, être juste dans le moment. 

 

Car le silence dans le désert, c'est particulier. C’est un silence dense, habité, vivant. 

Une présence à part entière, sans doute celle de l'Absolu.

 

On attribue au grand poète mystique persan Djalâl ad-Dîn Rûmî la citation suivante :

« Le silence est la langue de Dieu, tout le reste n’est qu'interprétation imparfaite »

 

Oui, le Silence est la manière dont le Divin se rappelle à nous.

 

Pourtant, on vit dans du bruit, dans une agitation constante, en ville en tous cas. Vous avez aussi remarqué que dans tous les restos, bars, salles d'attente, à la salle de sport, il y a systématiquement de la musique qui s'ajoute ? Un midi, je demande dans un café où on ne s'entend pas s'ils peuvent diminuer un peu le son et le responsable me répond "ha non, c'est le concept". Mais le concept de quoi ?!

 

Insidieusement, ce bruit permanent crée une sorte d’addiction. On est comme shootés, drogués. On veut des infos, des images, de la stimulation, de l'adrénaline, nos écrans comme interface de la réalité. Et quand ça s'arrête, on craint le vide. Alors on en redemande et on se reconnecte, on scrolle pour meubler, masquer. C’est non stop, on est distrait tout le temps. Mais nos corps, nos champs d’énergie ne sont pas faits pour absorber autant d’informations, c’est épuisant. Ce bruit de fond finit par créer une angoisse de fond. 

 

Cela étant, je ne voudrais pas blâmer la ville. Elle a plein de bons côtés ; j’adore aller au ciné, au théâtre, à un concert, boire un verre avec des amis ou faire la fête. Je ne voudrais pas non plus accuser l’extérieur car la seule personne sur laquelle nous avons un tant soi peu d'influence ou de maîtrise, c’est nous-même !

 

Alors le soir autour du feu, notre intervenante et conférencière, Blanche de Richemont nous a posé la question suivante : « Quelle est la place du silence dans votre vie ? »

 

La proposition, c’est de retrouver le chemin du Silence.

Dans un premier temps, il s'agit de faire l'effort l'apprivoiser, de le réintroduire dans nos vies. Puis de rejoindre cet espace en soi, d'en recouvrer le goût, voire de s'y abandonner avec délice. Sans doute, ce sera de plus en plus nécessaire car le bruit du monde ne diminue pas. Peut-être même que dans son immense sagesse, la Vie laisse les humains se perdre dans l’agitation et le flot d'informations continu jusqu’à saturation afin qu’ils redécouvrent, par eux-mêmes, l’envie et la conscience du Silence.

 

Au-delà de « l’absence de bruit », le vrai Silence est un état de plénitude intérieure, libre de peurs et d’angoisses. Le Silence n'est pas vide mais il est plein. C’est un lieu de ressourcement, d'apaisement et d'inspiration dans lequel la Lumière peut nous remplir.

 

« Tu ne peux te libérer du monde

en prêtant l'oreille

 

Tu ne peux te libérer de toi-même

par beaucoup de paroles

 

Tu ne peux te libérer de tous les deux,

du monde et de toi-même,

sauf par le Silence »

 

Les Quatrains de Djalâl ad-Dîn Rûmî, Albin Michel.

 

Ce Silence, le désert nous l'a offert comme un cadeau. Il s'est inscrit dans mes/nos cellules, à chaque voyage un peu plus. Je m'engage à garder une bulle de désert silencieux dans mon quotidien, à la cultiver ainsi qu'à continuer à élargir mes horizons, à voir loin et large (même dans mon pays qui est parfois un peu trop plat pour la Sagittaire que je suis -)

 

Et toi ? Bonne réflexion à toi aussi !

With Love 😘 et à très vite,

 

Olivia 

 

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